En invitant à participer aux travaux du Grenelle de l’environnement à la fois les syndicats de salariés et les ONG écologistes, le gouvernement a réussi à créer un hybride social dont l’effet commence maintenant à être mesuré.
Mercredi 13 février, les représentants de la CGT, de la CFDT et de la CFE-CGC se sont réuni avec les représentants de six ONG (WWF, Greenpeace, Fondation Nicolas Hulot, Réseau Action Climat, les Amis de la Terre, France Nature Environnement) et de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports. Il s’agissait pour eux de tirer un bilan d’étape des travaux du Grenelle depuis le mois d’octobre. Trente trois comités opérationnels ont été mis en place, mais les syndicats déplorent le décalage entre l’effet d’annonce et les “décisions ou non décisions” des pouvoirs publics. La CFE-CGC, en outre, se plaint d’avoir été systématiquement écartée des comités opérationnels.
Il semble bien que les ONG et les syndicats fassent du Grenelle une lecture qui n’est pas celle du gouvernement. Pour les premiers, leur participation aux travaux de cet automne leur donne comme un droit de co-gestion sur toutes les questions qui y ont été débattues. Ainsi, sur les transports, elles veulent “agir ensembles pour peser sur le débat parlementaire et sur la présidence française de l’Union Européenne”. Pour le gouvernement, toutes ces questions doivent être traitées dans une loi de programmation, destinée à passer devant le Conseil économique et social avant d’être débattue au parlement.
Deux lectures et deux légitimités pour un même objet…
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