Classé dans : Influence
La bataille de la communication fait rage entre le distributeur Michel Edouard Leclerc et l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine. En cause, la prétention du groupe de grande distribution à faire baisser les prix des médicaments dès lors qu’il serait autorisé à les vendre dans ses grandes surfaces. La riposte de la profession a été cinglante : une campagne d’affichage dans la presse et une plainte en justice pour publicité mensongère.
Le distributeur a habitué le public à ses publicités agressives sur le thème du pouvoir d’achat, mais cette fois, il est tombé sur un adversaire à sa mesure. Les pharmaciens ont répliqué par une contre publicité qui ironise : “Non Mr. L, se soigner en France ne sera jamais un luxe”. Habilement, elle retourne un par un les arguments des centres Leclerc : 110 grandes surfaces ne peuvent pas remplacer 23000 pharmacies de proximité, et détourner l’attention des consommateurs sur le prix des médicaments ne leur fera pas oublier l’augmentation continue des prix des produits de grande consommation…
Contre-attaque judiciaire également, avec une action en référé contre la publicité de Leclerc : une première audience a condamné le distributeur, qui a fait appel.
Les campagnes d’influence “grand public” sont relativement rares en France, mais cet épisode démontre que l’opinion peut devenir la cible d’une communication sociale et sociétale, quand sont en cause les enjeux stratégiques d’acteurs économiques concurrents.
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